Osvaldo Del Nino Pinturicchio Della Vega Asahi AKA Magdalène

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01/04/2010 - Pays : Australie - Imprimer ce message Syndication :

Bonjour à tous !

Tout d’abord et avant toute chose préalable, nous tenons à nous excuser auprès de vous en vous présentant nos plus plates excuses, en fait juste de très grandes et sincères excuses parce que plates on ne comprend pas vraiment pourquoi… des excuses pour le peu d’articles écrits ces derniers jours, ces dernières semaines, ces derniers mois. Vous savez ce qu’a dit Maupassant : « la routine tue l’inspiration littéraire », et bien ce bon Guy de avait raison sur toute la ligne ! Voilà, vous savez la raison de ces absences prolongées…

Mais, ne vous inquiétez point, il en faut plus pour nous éteindre et nous endormir, et ce n’était qu’une sieste passagère, dont nous allons nous réveiller le 1er avril, date de notre départ pour l’Outback, le Western Australia, la Sunshine Coast et tellement d’autres monts et merveilles dont nous allons vous faire partager les moindres secrets en postant 2 articles par semaines minimum. Oui mesdames-sieurs (ladies first, gentleman oblige), vous m’avez bien entendu, 2 articles par semaine, qui dit-mieux, deux articles, tous frais tous beaux, je dis bien 2 articles minimum ! Peu importe le temps, l’état de fatigue, ou la location géographique, rien ne nous arrêtera. Même perdu au milieu du désert, sans eau et électricité, nous recréerons un télégraphe pour envoyer en morse l’article à une station pirate de l’armée australienne qui retransmettra le message sur une chaîne nationale. Enfin bon vous avez compris l’esprit général.

Excuses nous l’espérons acceptées, vous devez maintenant vous dire, mais comment vont-ils faire pour réaliser ce périple d’environ 30000km ? L’avion n’est pas très pratique pour voir chaque petit recoin du pays, l’hélicoptère fait trop année 90, tout comme le yaught, le bateau… ben quand ya pas d’eau c’est bof un bateau, la planche de surf n’adhère pas très bien au goudron, il nous faudrait sûrement 3 ans en marchant ou bicyclétant, et Kévin conduisant une moto n’en parlons même pas… il ne restait plus donc qu’un choix évident auquel vous avez tous penser aussi : le quad ! Mais, au regret de vous décevoir, la loi n’est pas la même en Australie qu’en Croatie (…) et nous aurions eu quelques problèmes avec ces gentlemans que sont les gardiens de l’ordre australiens. Nous avons donc choisi le dernier moyen disponible : la voiture.

Etant backpakers, il ne nous fallait pas une voiture ordinaire, il nous fallait une station-wagon, équivalent du break en France. Nous avons donc commencé la recherche, ne sachant pas trop par où commencer. Et là, comme toujours dirions nous (hum hum), un éclair de génie nous ait venu : « allons voir le tableau où se trouvent toutes les offres de station-wagon ! ». Oui, on sait, comment y avons-nous pensé ? Et bien écoutez, nous aussi ca nous étonne toujours mais que voulait vous on est comme ça…

Nous arrivons donc devant ce tableau sur lequel se trouve probablement, à vue de sourcil, 39 affiches proposant des stations-wagons à des prix plus ou moins élevés. Et là, dans un coin du tableau, nous la voyons. Ce premier regard, cet instant fuyant qui ne dure qu’une poignée de secondes avant que vous ne détourniez les yeux, faisant mine de regarder les autres, de s’intéresser au reste alors que ce premier contact, ce moment indélébile vous reste ancré dans la mémoire si longtemps, comme quand on vous dessine pleins de choses sur tout le corps et en particulier le torse pendant que vous dormez paisiblement dans votre voiture un frais matin de fin d’été, sur un parking d’Antibes (merci Djé…). Enfin bon là n’est pas le propos.

Vous prenez plusieurs numéros afin de garder vos options ouvertes, mais surtout parce que vous ne voulez pas y croire, vous vous forcez à vous dire que ce n’est pas elle, qu’elle n’est pas différente des autres. Car après tout, si elle l’est vraiment, mais que vous ne pouvez l’avoir, que va-t-il se passer après hein ? Comme a dit un grand philosophe : « A driver don’t pick the car, the car pick the driver », Bobby Bolivia, Transformers.

Nous nous retrouvons donc à étudier ces différentes offres, à comparer les prix, la qualité des voitures, mais rien n’y fait, on ne peut s’y résoudre, ca sera elle et pas une autre. Et là vous vous dîtes, mais ils sont fous, c’est beaucoup trop risqué. Et alors ? C’est ca la beauté de la vie, prendre le risque, sauter, tenter pour se dire qu’on aura rien à regretter après, sachant qu’on aura tout fait pour.

Première rencontre en perspective, après avoir appelé les propriétaires, Benoît et Clarice (petite parenthèse, n’appelez pas votre fille Clarice la vie est déjà assez dure comme ça) (deuxième parenthèse, nous nous excusons si on connaît quelqu’un qui s’appelle Clarice et qu’on a oublié ou bien si une tierce entité inconnue au bataillon a la gentillesse de nous lire et qu’on l’aurait offensé). On va donc pour se rendre au rendez-vous, des libellules dans les épaules, on ne sait pas ce qu’on va dire, comment on va s’habiller, on essaye 3 t-shirts différents pour au final mettre un polo, on n’arrive pas à trouver une paire de chaussettes de la même couleur, puis on se dit qu’avec des chaussures par-dessus personne s’en rendra compte…

Nous y voilà, on l’aperçoit au loin, quel soulagement, quelle chance de la revoir encore, encore en se demandant comment on a tenu si longtemps sans la revoir, encore plus belle et innocente que la première fois que nous l’avions entrevue, pour enfin arriver à la rencontre. Et là, alors que la plupart des autres membres du genre masculin ne reluqueraient que ses jantes, son pare-choc ou encore son mini-aileron arrière (même si c’est vrai qu’il est mignon tout plein son aileron arrière), vous voyez autre chose, vous ne pouvez dire quoi, appelez ça le charme, la sensualité, l’intensité de son regard, ou bien encore tout ca en même temps, vous savez juste que c’est ELLE. Et que même si au fond de votre tête, de votre c½ur, vous le savez depuis le début, vous pouvez enfin vous l’avouez à vous-même, vous l’avez trouvé…

Malheureusement pour vous arrive la partie la plus difficile du voyage, l’attente. L’attente encore et encore de ce texto, cet appel, ce signe qui vous fera comprendre que c’est bon. Car, bien sur, la vie ne va pas rendre ça trop facile, et cela serait idiot de croire que vous êtes le seul bouleversé par cette beauté, mais vous n’en démordez pas, vous savez qu’il y a quelque chose de spécial entre vous, une alchimie, appelons ca comme ca puisque les gens ressentent le besoin de trouver un mot pour tout, mais peu importe, vous le savez, et vous savez qu’elle le sait aussi, et vous savez qu’elle sait que vous savez aussi. Mais mon Dieu, cette attente, aussi dure que de passer un dimanche après-midi à faire le tour des magasins de moto avec Ben et LeeRoy, que Kévin qui parle pendant un match de PES, que Val qui se prend pour un virtuose de l’harmonica, plus dur que tout. Pourquoi on s’inflige ça après tout ? Un philosophe a dit : « Plus le voyage est galère, plus ca veut dire que la destination ressemble au paradis », Keke West-Side, 14ème heure Nissa-Zrce.

Et là, ca y est, le téléphooooonnnnnne sonne, mais tu ne l’entendddddddd pas, on t’aime Claude ! Enfin bon, revenons en aux oignons. Ca y est, c’est maintenant, c’est là, et enfin on le voit, on le lit, ce mot, ce simple mot : OK. Et bien oui mesdames-sieurs, le romantisme de l’époque n’est plus ce que c’était, plus de grande tirade à la Cyrano de Bergerac, plus de passion déchirante à la Roméo et Juliette, le 21ème siècle et toutes ses technologies sont venus à bout de tout ça, et aujourd’hui on essaie juste d’écrire ça de la manière la plus courte possible pour ne pas avoir à payer le prix de deux textos parce que Papa et Maman refuse de nous payer le nouveau forfait Orange textos illimités… Alala ces jeunes… Et bien vous savez quoi, peu importe la manière, ce qui est fantastique c’est que ca fait toujours le même effet ! Et que c’est bon ! Ce sentiment de ne plus toucher le sol, de voler (vous croyez que ça leur fait ça à chaque fois aux oiseaux ? Ca serait super d’être un oiseau alors, ça et le fait de pouvoir chier sur les passants en costars, enfin c’est un autre sujet), cette euphorie inexplicable, comme si tout était possible, et que plus rien n’avait d’importance à part ça, à part elle.

Voilà le dernier rendez-vous, ou le premier selon le point de vue, vous allez enfin l’avoir. Cette dernière discussion avec Ben et Clarice, vous avez les clés en main. Vous dîtes au revoir aux anciens propriétaires, après avoir rempli tous les papiers, et ça y est, elle est à votre nom, à vous. Et vous avez ce premier instant privilégié, vous êtes seul avec elle, vous tournez la clé pour la première fois, vous entendez cette voix, aussi belle que celle de Nina Simone (ben oui, vous croyiez qu’on allait dire un ange, c’est con de dire ça, premièrement qui a déjà vu un ange, et deuxièmement même si vous en avez vu un vous l’avez entendu parler ?, et troisièmement sa voix elle est même pas belle si il faut, alors que Nina Simone on sait qu’elle est incroyable), ce ronronnement du moteur, et c’est comme si, pour un millième de seconde, plus rien n’existait à part vous, elle, du bonheur à l’état pur. On pourrait se dire après coup, tout ça, toute cette souffrance, cette attente pour un millième de seconde ? Et ben ca fait cher le millième.

Vous savez quoi ? Certaines personnes passent toute leur vie à chercher ce millième, et ce millième est tout simplement mieux que tout, mieux que le fondant au chocolat du restaurant de Kev, mieux que de voir Val essayer de faire des muffins aux fruits, mieux que le monologue de Guillaume Canet dans Jeux d’Enfants ou il dit que c’est mieux que tout, tout simplement mieux que tout. Tout simplement inmotable (de l’ancien français qui veut qu’une chose est tellement incroyable qu’il n’y a pas de mot assez fort pour elle, et que donc on ne peut pas mettre de mot dessus).

Vous pouvez enfin vous dire qu’elle est à vous, jusqu’à ce que vous réalisiez qu’en fait, vous êtes autant à elle qu’elle est à vous. Elle vous possède. Et le pire, c’est que ça vous rend heureux. C’est bien fait parfois la vie quand même. 

Donc voilà, Papa, Maman, on vous présente Magdalène…

 

C’est tout pour ce soir les enfants, on vous dit à très bientôt, on vous aime.

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Par Dadou!
le 01/04/2010 à 17:52:10
Mais vous avez craqué complètement dans cet article mdr! =)
Par maman de val
le 01/04/2010 à 20:52:49
et bien dis donc, cela vous manquait tant que ça de nous écrire! 150 lignes pour décrire l'achat d'une voiture, proust est un minus avec sa madeleine. vous avez quand même oublié une explication : le titre du chapitre, c'est le nom complet de magdalena ?
Val, je sais que dans la famille on est des fans de merlin l'enchanteur, mais franchement ne me dis pas que vous avez réussi à tout rentrer dans le coffre, tel merlin et sa baguette magique. et pourquoi magdalena? Vous avez pensé à ouvrir le capot pour voir l'état du moteur, parce que 30.000km ça n'use pas que les chaussures (cf photos de l'article précédent)
Bon, je vais me mettre de suite à la recherche de pigeons voyageurs afin communiquer avec vous quand vous serez au milieu du désert.
plein de bisous les garçons et une petite caresse sur l'aile de magdalena.
Par papa val
le 02/04/2010 à 17:12:15
On a pas toujours tout compris, mais on comprend votre bonheur de partir à l'aventure avec cette prodigieuse machine
(à propos, ça coute combien le privilège de posséder ce si bel objet roulant à 4 roues? on attend avec impatience de suivre votre périple sur ces milliers de kms on pense à vous trés fort
papa val
Par mamanke
le 02/04/2010 à 18:38:17
J'avais aprrécié l'article précédent, mais là, j'en reste sans mot! Je pense qu'aucune Magdalène à deux pattes et deux bras, même avec un super aileron arrière, n'aurait pu faire de vous de tels écrivains, comme a su le faire cette merveille à 4 roues (pas cinq, car vous avez peut-être du l'amputer dès le départ pour rentrer les bagages: au fait, je n'ai pas vu la valise rouge de Kévin-plutôt "ma" valise remplie des affaires de Kévin????). Enfin, continuez à trouver l'inspiration pour nous faire rêver et prenez bien soin de vous.
Bisous à toute l'équipe.
Par ViVi
le 12/04/2010 à 22:31:06
Wow l'outback australien?! J'espère que vous n'avez pas vu Wolf Creek!! Hihi
Bon voyage ! (et au fait quel est ce petit pack avec des objets ressemblant à des bouteilles sur la photo? :p)

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